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Les Echos : Avec Mi-mAbs, Marseille prépare les médicaments anticancéreux du futur

Date : 19 juin 2017
Category : Revue de presse


L’ouverture de ce laboratoire inaugure une nouvelle étape dans la recherche en immuno-oncologie. ¤ Le marché se chiffre à plusieurs dizaines de milliards de dollars.

La protéine CTLA-4 a été découverte à Marseille en 1987. Mais l’anticorps dirigé contre elle a été développé aux Etats-Unis, faute de moyens. Connu sous le nom commercial de Yervoy, l’ipilimumab est aujourd’hui la thérapie star de l’immuno-oncologie et a rapporté l’an passé plus de 1 milliard de revenus à son propriétaire américain, Bristol-Myers Squibb. C’est pour ne pas reproduire cet échec de valorisation de la recherche publique que Aix-Marseille Université a inauguré, il y a quelques jours, un nouveau centre de recherche destiné à accueillir les travaux du consortium Mi-mAbs lancé en 2013. « Notre objectif est d’évaluer le profil de molécules innovantes issues de plusieurs laboratoires académiques, d’en valider le potentiel thérapeutique et d’organiser leur transfert vers l’industrie », explique son directeur, François Romagné.

Ce démonstrateur industriel, lauréat du programme Investissement d’avenir 2011, couvre l’ensemble de la chaîne de valeur de l’immunothérapie. Mi-mAbs a été fondé par un consortium couvrant toute la chaîne de valeur de l’immunothérapie – le CNRS, l’Inserm, l’Institut Paoli-Calmettes, trois de leurs centres de recherche et d’innovation, et les sociétés biopharmaceutiques Innate Pharma et Sanofi. La gestion du démonstrateur est assurée par Protisvalor, la filiale de valorisation de la recherche d’Aix-Marseille Université.

Un réseau de connaissances

Vingt-huit personnes, pour l’essentiel des chercheurs, des ingénieurs et des techniciens, ont rejoint cette plate-forme de 1.500 m2 installée sur le technopôle de Luminy, au coeur du cluster natif de l’immunologie française Marseille Immunopôle. Ce collectif s’appuie sur plus de 2.000 chercheurs, cliniciens et industriels qui travaillent ensemble depuis quatre décennies et ont fait émerger un réseau fourni de près de 200 entreprises innovantes dans les secteurs des biotechnologies, des équipements médicaux et des services sous contrat. « Beaucoup de leurs patrons se sont connus dans les laboratoires et [sur les] bancs de fac. Ils entretiennent et enrichissent un puissant réseau de connaissances scientifiques « , témoigne Hervé Brailly, fondateur d’Innate Pharma, qui fabrique des anticorps pour stimuler ou inhiber le système immunitaire.

Mi-mAbs bénéficie dans ce contexte de 19 millions d’euros d’investissements jusqu’en 2019 grâce auxquels il a déjà conduit 15 projets de recherche et un premier programme de développement original. « Notre molécule candidate cible le système immunitaire inné, ce qui est une approche inédite très prometteuse », explique Magali Agnel, qui représente le groupe Sanofi aux deux comités de supervision et de pilotage de la plate-forme.

Considérée comme « une avancée médicale majeure » par la revue scientifique « Science « , l’immunothérapie a déjà conduit à des réductions tumorales spectaculaires dans des cancers de très mauvais pronostics comme le cancer du poumon. A ce jour, six anticorps sont commercialisés et près de 4.000 essais cliniques sont en cours pour évaluer cette nouvelle classe thérapeutique dans plus de 30 types de cancers. En 2018, elle devrait représenter près de 60 % du marché de l’oncologie et générer un marché de plusieurs dizaines de milliards de dollars.

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